FANION2.jpg (69983 octets) ETOILE SPORTIVE PLONEIS FANION2.jpg (69983 octets)

 

1900-1940

UN CAPITAINE DE LEGENDE

IL N'EST SUR AUCUNE PHOTO

Il existait bien avant l'invention de la photographie, aux temps héroïques des terrains improvisés, des buts sans barre transversale et des ballons fermés par un lacet...

Le capitaine était devenu si célèbre qu'aujourd'hui encore les vieux footballeurs pourraient vous en parler, "être capitaine à Plonéis", l'expression a été galvaudée depuis, mais à l'époque, elle valait son pesant d'or, ou plutôt de cidre.

Ne raconte-t-on pas en effet que ce vaillant capitaine tirait si haut et si fort que "les spectateurs avaient le temps d'aller boire leur bolée de cidre avant que le ballon ne retombe à terre."

Il y a trente ans à peine, il n'était pas rare d'entendre sur les terrains aux alentours à propos d'un joueur qui tapait haut et fort pour dégager son camp: "toi ! tu seras capitaine à Plonéis !"

Aujourd'hui, l'expression est tombée quelque peu en désuétude... du cidre a coulé sous les ponts depuis...

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LES TEMPS HEROÏQUES

LE FOOTBALL APPARUT À PLONEIS AVANT 1914

PLONEIS - 1923

Peut-être eût-il fallut rechercher en ces temps lointains le valeureux capitaine qui tapait si haut et si fort?

Mais oublions un peu la légende, et entrons plutôt dans l'histoire de l'E.S.P., la vraie, celle racontée par les différents acteurs, toujours modestes mais conscients que leur vécu constituait un véritable trésor de la vie même de la commune.

C'est vrai, avant 1914, les frères Kéribin de Ty Fur, Le Dû de Kergoat ou Lety de Kernon avaient déja constitué une équipe mais la mobilisation était proche et en 1914, tout s'arrêta. On était occupé à panser les plaies ou pleurer ses morts plutôt qu'à jouer au ballon.

 

LE THEATRE POUR DECOR

Pourtant avant la fin de la guerre, l'abbé Le Bars sans doute précurseur des patronnages et qui officiait alors dans la paroisse, avait mis sur pied avec les "jeunes" de la commune, trop jeunes pour être mobilisés, une petite troupe théâtrale qui organisait des séances récréatives pour distraire les gens de PLONEIS.

Tout naturellement, le football s'installant peu à peu dans le pays, se bâtit tout autour de ce groupe théâtral une véritable équipe sportive.

Et c'est ainsi que démarra vraiment le football à PLONEIS.

 

LES PREMIÈRES RENCONTRES

Les premières rencontres se font sur des terrains improvisés au gré des cultures. Le dimanche matin, il faut démonter les buts, alors sans barre transversale, et les installer à la hâte, avant le match dans un autre champ à peu près plat, à PLONEIS, ce qui n'est pas facile. Ainsi de Mézarun, on se déplace à Kernévez, à Kerveur ou à Kerbennic. Ailleurs, quand on peut trouver onze joueurs pour faire une équipe, ce n'est pas mieux, les terrains sont aussi des landes incultes. On se déplace à pied, parfois à bicyclette. Les crevaisons sont les bienvenues et permettent un peu de repos !

 

QU'IMPORTE, EN 1928 L'EQUIPE A DEJA FIERE ALLURE

René CELTON s'occupe de toutes les contingences matérielles: recherche d'équipes (il n'y a pas encore des matches organisés et ce sont des matches amicaux qu'il faut trouver de dimanche en dimanche), traçage du terrain (quelques coups de "tranche" suffisent), ballon si précieux qu'il faut réparer et gonfler. Les chaussures de foot sont des "boutouPLONEIS - 1928-29 lair" sans crampons. La partie est souvent arrêtée, le ballon se logeant dans les fourrés ou taillis autour du terrain. Quand par malheur il crevait, c'était la fin du match. René Hénot est chargé de l'organisation des séances récréatives dans les greniers des cafés DEUDE et PERNEZ. L'argent recueilli permet de s'offrir le vin chaud d'après match. On joue des petites pièces de théâtre souvent en breton : première pièce jouée : "les héritierd de Gabriel", on mime, on chante. Un vieil harmonium chez les Hénot permet de retrouver les airs des chansons.

Les spectateurs sont nombreux et viennent des communes voisines qui n'avaient pas alors de troupe théâtrale.C'est vrai qu'avec le football, c'était l'unique distraction de l'époque.

 

A L'AUBE DES ANNEES 30

Le pays reste profondément agricole et le travail à la ferme, pénible et encore peu industrialisé, occupe à temps plein. Les jeunes se retrouvent après l'office religieux du dimanche matin, dans les cafés du bourg, et c'est ainsi que les informations et les nouvelles s'apprennent:

En 1932, l'étoile sportive brille de mille feux sur les "terrains" du canton et même au delà. L'équipe où jouent alors les 6 frères Hénot fait figure d'épouvantail et les scores sontPLONEIS - 1930 sans appel. En 1934, un match est conclu entre PLONEIS et GOURLIZON dans un champ de Véroury. Mais les joueurs de GOURLIZON, craignant la défaite ne se sont pas déplacés. Las d'attendre, nos vaillants équipiers réquisitionnent le PLONEIS - 1939-40camion de "l'homme CORRE", une vieille Renault avec conduite à droite, pour aller protester à GOURLIZON : cela fit grand bruit dans le bourg. Il n'y a toujours pas d'organisation officielle. C'est Guillaume DEUDE et Vincent LE FLOCH qui sont responsables de l'équipe et se chargent de trouver des matches. Les séances récréatives continuent et G.DEUDE élargit le cercle de l'Etoile sportive en créant un groupe de danses bretonnes.

 

LES ANNEES D'AVANT-GUERRE

Au milieu des années 30, apparaît une nouvelle génération de joueurs. René DRAOULEC en est l'élément moteur. Le jeu s'est quelque peu modifié. Des explications, des tactiques seront même élaborées au tableau noir par Pierre DEUDE ancien joueur de PLONEIS et de la phalange d'arvor. Et surtout des matches sont disputés contre les jeunes du Likès. Le sous-directeur de l'établissement quimpérois est à cette époque Joseph SALAÜN, né à PLONEIS au moulin de Kerven. J.SALAÜN deviendra en 40, directeur du Likès, prendra une part active dans la résistance. Il ne reviendra d'ailleurs pas de la déportation.

De 1936 à 1939, PLONEIS disputera plusieurs matches contre les élèves du Likès au jeu déjà plus élaboré. En 1938, Antoine CUISSARD, qui jouera plus tard de nombreuses saisons au Stade Rennais et sera plusieurs fois international, a fait partie d'une équipe du Likès qui a joué à PLONEIS, sur le terrain de Kerveur.

 

DES PIGEONS VOYAGEURS, MESSAGERS DES RESULTATS !

Anecdote amusante... :

Des pigeons voyageurs étaient chargés de communiquer les résultats des matches (le téléphone était encore bien rare). A chaque but, les jeunes du Likès attachaient un ruban rouge pour le but marqué, bleu pour le bur encaissé, à la patte du pigeon qui s'envolait aussitôt et regagnait son pigeonnier au Likès, annonçant ainsi la victoire ou la défaite avant l'arrivée des joueurs. En 36, un pigeon voyageur annonça la victoire du Likès 3 à 1. En 39, le pigeon fut moins pressé de rentrer au pigeonnier, un match nul 2 à 2 sanctionna la rencontre.

 

LE VERT EST ADOPTE

La tenue des joueurs s'est aussi modifiée. Pour l'ESP, le vert est adopté. Les chaussures ont maintenant des crampons et sont à "boutou carrés". Les "pointus" de R.DRAOULEC font mouche à tous les coups. Les buts ont des barres transversales. Les déplacements sont plus longs : à CROZON dans le camion de "l'homme CORRE" avec conduite à gauche s'il vous plaît. L'Etoile Sportive s'est forgée lors de tous ces matches amicaux. Elle peut tranquillement attendre sa naissance officielle... la gestation a été fertile en évènements !

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